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Afin de préparer ta venue, nous t' invitons à lire ce petit texte nommé "Lignes de conduite et conseils de danse" qui est en application pour toutes nos activités.
Nous remercions nos amis belges de Frissefolk et à Gregory Dyke pour le travail réalisé à sa rédaction, et pour nous avoir gentiment autorisé à l'utiliser et l'adapter à notre sauce.
La première moitié de ce texte est une adaptation folk de la charte qu’il a rédigé pour ses soirées Lindy Hop.
Si tu as encore des commentaires, suggestions ou autres réactions, n’hésite pas à nous les partager.

Introduction : Pourquoi cette initiative?

Contrairement à d'autres milieux de danse, les « codes de comportement » sont rarement rendus explicites dans le milieu des bals. Cela fait que chaque nouveau/elle danseur.euse doit découvrir lui-même ces conventions et il/elle y aura donc forcément des interprétations très personnelles et souvent sans connexion avec les expériences d'autres danseur.euse.s.
Voilà pourquoi nous proposons ce texte, basée sur plus de 15 ans d’expérience et d’échanges enrichissants dans différents milieux de danse. Si une ligne de conduite te paraît inutile ou inacceptable, nous t'invitons à réfléchir non seulement aux arguments ’contre’ mais également aux arguments ’pour’. Nous sommes tout à fait ouverts à des discussions et échanges respectueux, qui -nous l’espérons- pourront nourrir la réflexion de toutes et tous.
Cette initiative pourrait sembler contraire à l’esprit du milieu des bals qui évite de poser des règles; Nous espérons au contraire qu’elle permette à chacun de se sentir respecté, protégé, et donc libre, soutenu par un cadre commun.

Objectifs :

Illustrations Véronique Paquette – Les Pas Parfaits http://lespasparfaits.blogspot.be/p/illustrations.html

En bref

En plus long et nuancé

Lignes de conduite générales

Nous nous engageons à faire tout notre possible afin de créer un espace qui est ouvert à toutes et tous, quel que soit leur âge, sexe, genre, orientation sexuelle, situation de handicap, ethnie, nationalité, affiliation politique, niveau de danse, religion, croyance, apparence physique, rôle(s) de danse préféré(s), etc. Nous sommes respectueux des limites et besoins de chaque participant.e.
Nous acceptons avec bonne grâce lorsque quelqu’un.e exprime une gêne face à notre comportement. Lorsque notre comportement pourrait être bien ou mal venu, selon notre interlocuteur/trice, nous n’hésitons pas à poser la question. De même, nous nous sentons libres d’exprimer nos limites et besoins, et pouvons nous attendre à ce que notre volonté qu’un comportement cesse soit respectée.
Nous privilégions la communication non violente, c’est à dire que nous exprimons notre besoin plutôt que de juger le comportement de l’autre. Par exemple : ’Je préfère danser avec plus de distance’ au lieu de ’Tu danses trop proche’. ’Je ne me sens pas en sécurité ici’ au lieu de ’Tu recules constamment trop sans tenir compte des gens derrière toi’.

Si nous préférons, ou si un comportement intrusif persiste (harcèlement, attouchement, manipulations…), nous pouvons aussi le signaler aux organisateurs.trice.s qui s’engagent à prendre toutes les plaintes au sérieux, en les recevant avec respect, discrétion et impartialité, et en leur donnant une suite appropriée. En cas de faute grave ou récidive liée à ce sujet, les organisateur.trice.s se réservent le droit d’exclusion temporaire ou permanente.

Illustrations Véronique Paquette – Les Pas Parfaits http://lespasparfaits.blogspot.be/p/illustrations.html

Conseils pratiques pour la danse

Invitation à la danse

De manière générale, nous nous encourageons mutuellement à oser danser. Nous nous efforçons aussi à danser avec tout le monde et donc inviter à danser et accepter les invitations de tous. Cela étant dit, parfois nous n’avons pas envie de danser et nous nous sentons alors libres de refuser, en respectant la fragilité de la personne qui a invité, mais sans nous sentir dans l’obligation de nous justifier. Lorsque l’on nous refuse une danse, quelle qu’en soit la raison donnée ou imaginée, nous l’acceptons avec courtoisie : ce n’est pas dramatique et ça arrive à tout le monde de temps à autre.

Entrer dans les danses collectives

Dans les bals, il y a une grande diversité de danses collectives, dont pas mal avec des codes/contraintes spécifiques. Vu qu’il n’est pas possible de tout expliquer ici, nous proposons la ligne de conduite suivante. Quand nous voulons entrer dans une ronde ou une chaîne, nous vérifions rapidement -généralement de façon non verbale- auprès des danseur.euse.s déjà installé.e.s si nous sommes les bienvenu.es, et si oui, à quel endroit dans la danse. Une entrée non sollicitée peut séparer deux danseur.euse.s qui ont choisi de danser côte à côte, altérer le nombre de meneurs et mené.e.s, priver le.a danseur.euse de gauche de son rôle de meneur de la chaîne, causer des problèmes de gestion d’espace (danseur.euse.s trop serré.e.s, chaînes trop longues, cercles trop grands), être perçue comme une intrusion brusque ou perturber la dynamique, surtout si la danse a déjà commencé.

Donner des conseils lors des soirées

Nous souhaitons que chacun.e ait l’occasion de progresser à son rythme et selon ses envies. Nous soutenons celles et ceux qui veulent progresser mais acceptons aussi qu’il y a des moments et des périodes où l’on ne souhaite que danser. Il est cependant difficile de refuser l’aide offerte librement, surtout par des danseur.euse.s plus expérimenté.e.s. Par ailleurs, une offre de conseils, aussi bienveillante qu’elle soit, renforce de manière négative la distinction entre « bons, bonnes » et « mauvais.es » danseur.euses. Pour ces raisons, nous ne proposons et ne donnons ni conseils, ni explications, ni cours lors des soirées, sauf lorsque ceux-ci sont explicitement proposés, acceptés et/ou sollicités.

Gestion de l’espace, mouvements à risque et collisions

Nous adaptons nos mouvements et déplacements à la place disponible. Nous ne nous autorisons pas de mouvements à risque (par exemple les pastourelles dans les chapeloises/gigues ou scottishes) sans avoir vérifié au préalable qu’elles peuvent être réalisées sans risque pour notre partenaire, ou pour les personnes autour de nous.
Nous évitons au maximum les collisions, en tenant compte de nos angles morts et de ceux des autres (ex : rondes, bourrées, reculer…). Pour certaines danses (rondes, bourrées, …), il se peut que l’espace de danse ne soit pas assez grand pour accueillir tous.tes les danseur.euse.s Dans ce cas-là, les derniers arrivés ne dansent pas. Quand nous ne dansons pas, nous nous déplaçons toujours vers le bord de la piste pour laisser un maximum de place aux danseur.euse.s
En cas de collision, aussi douce qu’elle soit, nous cherchons un contact visuel avec l’autre danseur.euse/couple pour vérifier si tout va bien et pour montrer avec notre mimique que nous regrettons cette collision, indépendamment du fait que nous nous sentions responsables ou non. En cas de blessure, de douleur ou d’émotion forte (peur, chute à peine évitée…), nous nous excusons explicitement pendant ou après la danse.

Circulation en bal pour les danses de couple

Lors des danses de couple, nous nous déplaçons dans la direction de la danse (sens inverse des aiguilles d’une montre). Pour les valses et les polkas, il s’agit d’un déplacement constant et relativement rapide. Au milieu de la piste de danse, il est possible de danser sur place sans gêner la circulation autour.

Hygiène

Il est évident qu’une bonne hygiène est très importante. Vu la proximité dans la danse, on sent tout : haleine de cigarette ou de fromage bleu, parfum excessif, vieille transpiration dans le t-shirt de la veille… Et presque personne n’osera te le dire. Voilà pourquoi nous te le rappelons.

Bruits et conversations

Nous évitons les conversations bruyantes dans la salle de bal quand elles peuvent gêner les musicien.ne.s et les danseur.euse.s, selon l’acoustique et selon le morceau joué. Nous n’imposons pas de conversations élaborées pendant que nous dansons, pour privilégier l’écoute musicale et la connexion non verbale.

Guider et suivre

Certains mouvements (par exemple les tours) ou positions (notamment la position fermée « corps à corps » ainsi que la position où le.la meneur.euse met sa partenaire en dehors de son axe) peuvent être inconfortables, mettre mal à l’aise, conduire à des blessures ou à des collisions. Nous portons, par conséquent, une attention sur la façon que nous menons et suivons et sur les moyens par lesquels nous pouvons proposer des mouvements refusables : guider et suivre avec douceur ; accepter qu’un mouvement – même clairement mené – ne soit pas suivi ; demander verbalement si un mouvement ou une position est souhaitée, etc.

Conclusion

L’élément central dans ce texte est le respect, non seulement pour les autres danseur.euse.s et pour les musicien.ne.s, mais également le respect pour nos propres besoins et limites et même, en quelque sorte, un certain respect pour les danses. Les lignes de conduites générales et les conseils pratiques rendent plus clair ce que nous entendons concrètement par ce respect (un terme assez vague et multi-interprétable à la base).
Nous allons au-delà d’un refus des comportements manifestement intolérables et nous engageons à prendre conscience de l’impact de notre comportement sur le bien-être et sur :le plaisir de la danse de tous et toutes, ainsi qu’à accepter les imperfections, tant chez nous-mêmes que chez les autres.